Exposition : les étudiants du BUT GEII célèbrent les langues
Gratuit
Du 21 septembre au 21 octobre 2026, 40 étudiants de 1ère année du BUT GEII présentent leur expérience de la traduction à la Bibliothèque Universitaire sur le site de Montluçon. Intitulée : « Un océan de langues, naviguez sur la voie des 1001 langues », l’exposition invite au voyage... Dans le cadre de leur cours de communication, ils ont exploré la traduction avec l’appui de l’ingénieure pédagogique et des bibliothécaires.
Le voyage commence par la présentation du poème Migrant, écrit en anglais par le prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka. C’est d’abord vers le français que les étudiants touchent au cœur même de l’expérience de la traduction : doit-on traduire « spew out » par rejeter ou par cracher ? Sweat-shop, littéralement usine à sueur, par atelier de misère, atelier clandestin, camp d’exploitation ou Made in Bagne ? Autant de choix sur lesquels les étudiants ont discuté parfois avec acharnement.
Cette exposition est le résultat combiné d’un travail de traduction et de scénographie imaginée par les étudiants. Elle vous emportera au gré de votre déambulation vers le fon, le kurde, l’italien, l’arabe littéraire ou dialectal, le russe, le portugais du Brésil, … et le patois auvergnat. Par trinôme, les étudiants exposent et lisent le poème traduit dans l’une des langues avec laquelle ils sont plus ou moins familiers, qu’il est possible d’écouter en scannant le QRCode sur l’affiche.
« Les étudiants proposent un voyage à travers 19 langues et autant de visions du monde »
Un travail qui les a amenés à utiliser outils numériques, I.A. génératives, mais aussi à solliciter leurs proches (mère, père, grand-mère, …) et à s’interroger avec eux sur la place de ces langues : doit-on pour s’intégrer en France « oublier sa langue » ? Doit-on conserver une « langue de cœur » ? Comment conserver une langue très mélangée de mots français, ou qui n’est que trop peu parlée ? Autant de questions qui ont touché les premiers visiteurs de l’exposition.
Chacune des langues de traduction est présentée dans ses spécificités et accompagnée de la carte des pays dans lesquelles elle est parlée. Nous pouvons apprendre que le fang, le bambara tout comme le chinois sont des langues à ton, mais aussi que l’on ne dit pas tout à fait la même chose lorsque l’on dit bonjour. A titre d’exemple, en turc, « Merhaba » signifie « je vous accueille avec bienveillance », en arabe « As-Salammu-Alaykum » « que la paix soit avec toi », en russe « zdrastvouitié » « soyez en bonne santé » ou en berbère « azul » « proche du cœur ».
Presqu’au terme du voyage, les étudiants se sont interrogés sur le rôle des I.A. génératives : ce projet leur a montré que l’I.A.G. est un outil puissant, mais qui demande des vérifications et révisions. Ils en ont conclu qu’elle peut aider à la traduction, proposer des pistes, mais qu’elle ne remplace pas les regards humains.
Comme le résume un étudiant : « Traduire, ce n’est pas seulement changer des mots d’une langue à une autre, c’est aussi faire passer une culture, une émotion et une intention. »
Le périple se clôt enfin sur une île où les étudiants ont reconstitué le poème de Wole Soyinka avec un vers de chacune des 19 langues.